Financer une entreprise avec le crowdfunding, c’est possible ?

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Gwenneg

Article écrit suite à la rencontre de Karim Essemiani, fondateur de la plate-forme Gwenneg, crowdfunding en Bretagne. 

Le crowdfunding est un financement de projet par des particuliers. Pour réunir les fonds des particuliers sur un projet, des plates-formes existent et permettent rencontre et collecte : Ulule, KisskissBankbank, Gwenneg, etc.

En plein développement

Le crowdfunding est en plein développement avec une forte augmentation des particuliers financeurs, du nombre de projets financés et des montants évidemment en jeu. On est ainsi passé de 152 millions en 2014 à 297 millions collectés en 2015 et de 300 000 en 2010 à 2 300 000 particuliers financeurs en 2015.

Starts-up ou projets alternatifs/culturels/sociaux ?

C’est l’image qu’on peut en avoir, mais les particuliers ne font pas que financer des starts-up (qui peuvent permettre de fortes plus-values mais également de fortes pertes) ou des projets sociaux ou culturels dans le domaine de l’ESS. Qu’est ce qui les motivent alors ? Avant d’aller plus loin, il faut comprendre que le particulier a trois moyens de financer un projet d’entreprise. Chacun a ses avantages et ses inconvénients et correspondent à un type d’entreprise ou de besoin.

3 types participations

Le don

Le don est vu traditionnellement comme une simple subvention, ce qui laisse dans le doute quant àla volonté de particuliers de donner l’argent à d’autres particulers qui montent une entreprise. En réalité le système fonctionne pas totalement sous la forme de don. Il s’agit essentiellement de pré-ventes. De quoi s’agit-il ? Le porteur de projet demande des dons mais promets des contreparties en échange, on pourrait dire « vend » des contreparties qui correspondent aux services ou aux produits que son entreprise veut vendre : sandwichs, massages, stages, garde d’enfants, etc.

Les entreprises cibles : les petites entreprises recherchant des fonds propres en complément d’un prêt (ou pas d’ailleurs !), pour financer de la trésorerie ou de l’investissement, qui souhaitent tester l’intéret de leurs produits ou services auprès de clients ou qui souhaitent rassurer leurs financeurs principaux.

Les financeurs cibles : d’abord la famille et les amis, et ensuite les clients potentiels qu’il faut alors chercher localement pour les inciter à « pré-acheter » ! Leur motivation : soutenir un projet parce que les produits ou services leurs correspondent, voire leur manquent !

Intérêt ? Au delà du don qui est finalement une forme de chiffre d’affaires par avance, la collecte des fonds permet d’établir l’intérêt des clients pour ce nouveau produit ou service, ce qui revient à une forme d’étude de marché. Elle permet aussi de rassurer un financeur bancaire ou institutionnel par exemple qui, au delà de l’apport par les dons, a besoin d’être rassuré sur l’existence réelle d’un marché pour ce produit ou service. La collecte de fonds est donc une première « rassurance ».

Le prêt

Les prêts sont des moyens pour les particuliers de placer leur argent à un taux intéressant : 4 à 9.6 % selon le risque. Exemple : pour un investissement de 50 000 €, à 6.5 %, le particulier récupère 3 250 € d’intérets.

Entreprises cibles : Les prêts sont des placements de longue durée car on ne peut gagner plus que les intérêts (pas de plus-values, pas de dividendes). Cela nécessite que l’entreprise envisagée pour un placement ait fait ses preuves de perennité avec 3 années de bilans derrière elle (entre autres) ou que son modèle économique apparaisse particulièrement fiable. Les plates-formes effectuent cette analyse et cette sélection. Gwenneg évalue ainsi longuement les projets d’entreprise avant de les proposer aux placements des particuliers.

Financeurs cibles : les particuliers qui souhaitent placer leur argent à un taux intéressant, d’abord la famille et les amis autour du porteur de projet (dans la stratégie de Gwenneg en tout cas), ensuite les plate-formes permettent d’attirer des particuliers extérieurs au réseau du porteur de projet mais souhaitant placer leur argent sur un projet motivant.

Intérêt : une source de financement alternatif à la banque, qui reste néanmoins de l’emprunt, donc une ressource temporaire à rembourser progressivement.

La prise de participation

La prise de participation au capital d’une entreprise consiste à prendre des parts au capital social de la société. On en devient donc en partie propriétaire. On risque son argent sur la société car aucun remboursement n’est possible. C’est une sorte de mise. En revanche, on peut gagner sur :

Les entreprises cibles : plutôt les starts-ups dont la rentabilité peut exploser après un long temps de développement technique et commerciale, des sociétés dont les perspectives de rentabilité sont vraiment intéressantes pour que les dividendes soient motivants, des sociétés dont le projet déclenche un bon coup de coeur à l’investisseur.

Les financeurs cibles : des particuliers qui souhaitent défiscaliser et/ou des particuliers qui souhaitent partager une aventure avec une entreprise, la participation au capital d’une société étant nettement plus impliquante, normalement, que le seul prêt puisqu’on devient propriétaire de la société (en partie) et qu’on dispose (sauf dispositions contraires) d’un droit de vote.

Intérêt : ressources très stables puisqu’elles ne sont pas à rembourser.

 

Un petit point sur Gwenneg 

Gwenneg ne finance que des projets économiques et sur la Bretagne exclusivement. L’essentiel à savoir pour les petites entreprises, c’est que :

Merci à Karim Esseminia pour toutes les informations apportées !

Le site de Gwenneg : https://www.gwenneg.bzh/fr

 

 

 

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